10 francs or
Le 10 francs or, ou demi-napoléon, contient la moitié de l'or d'un 20 francs : 3,23 g à 900 millièmes. La France l'a frappé de 1850 à 1914, sous trois régimes et quatre dessins. Il est moins fréquent que le 20 francs, et plusieurs dates à faible tirage valent nettement plus que leur métal.
- Métal
- Or 900 ‰
- Poids
- 3,2258 g (3,22 g)
- Or fin
- 2,903 g
- Diamètre
- 19 mm (environ 17 mm pour le petit module de 1854-1855)
- Années de frappe
- 1850-1851, 1854-1868, 1878-1899, 1899-1914
- Ateliers
- A (Paris) ; BB (Strasbourg) pour Napoléon III seulement
Reconnaître la pièce
- Avers
- Selon le type : tête de Cérès couronnée d'épis et légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » (1850-1851 et 1878-1899) ; tête nue ou laurée de Napoléon III et légende « NAPOLEON III EMPEREUR » (1854-1868) ; buste de Marianne au bonnet phrygien et légende « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » (1899-1914).
- Revers
- Cérès et Napoléon III : la valeur « 10 FRANCS » et la date, avec la légende de la République ou « EMPIRE FRANÇAIS » ; la lettre d'atelier figure sous la valeur. Coq : coq debout et légende « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ », sans lettre d'atelier.
- Tranche
- Cannelée sur la plupart des pièces. Le premier 10 francs Napoléon III de 1854, en petit module, existe à tranche lisse et à tranche cannelée.
- Graveur
- Louis Merley pour la Cérès ; Jacques-Jean Barre puis son fils Albert-Désiré Barre pour Napoléon III ; Jules-Clément Chaplain pour le Coq.
| Métal | Or 900 ‰ |
|---|---|
| Poids | 3,2258 g (3,22 g) |
| Or fin | 2,903 g |
| Diamètre | 19 mm (environ 17 mm pour le petit module de 1854-1855) |
| Années de frappe | 1850-1851, 1854-1868, 1878-1899, 1899-1914 |
| Ateliers | A (Paris) ; BB (Strasbourg) pour Napoléon III seulement |
| Références | F.504 à F.509 (catalogue Le Franc) |
Les dates à connaître
Le tableau suit les types dans l'ordre chronologique. Il retient pour chacun les plus gros tirages et les plus faibles. Les dates à surveiller : 1855 BB, 1858 BB, la Cérès de 1895 et de 1850, et le Coq de 1909.
| Type | Année | Atelier | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|---|
| Cérès, IIe République | 1850 | A | 592 051 | Oreille relevée ou oreille basse |
| Cérès, IIe République | 1851 | A | 3 115 226 | Courante |
| Napoléon III tête nue, petit module | 1854 | A | 3 899 802 | Tranche lisse (grand ou petit A) ou cannelée |
| Napoléon III tête nue, petit module | 1855 | A | 959 190 | Dernière année du petit module |
| Napoléon III tête nue | 1855 | BB | 32 188 | Plus faible tirage de tous les 10 francs courants |
| Napoléon III tête nue | 1857 | A | 14 498 136 | Plus fort tirage de tous les 10 francs |
| Napoléon III tête nue | 1858 | BB | 677 326 | Tirage faible |
| Napoléon III tête nue | 1859 | BB | 3 214 583 | Plus fort tirage BB |
| Napoléon III tête nue | 1860 | A | 6 363 131 | Variétés : 6 fermé, 6 ouvert, abeille |
| Napoléon III tête laurée | 1862 | A | 2 844 037 | Existe en type hybride à petit 10 |
| Napoléon III tête laurée | 1862 | BB | 1 461 785 | Première année BB de la tête laurée |
| Napoléon III tête laurée | 1863 | BB | 1 905 372 | Petit BB ou grand BB |
| Napoléon III tête laurée | 1866 | A | 3 719 748 | Plus fort tirage de la tête laurée |
| Napoléon III tête laurée | 1867 | A | 1 204 755 | Plus faible tirage parisien du type |
| Napoléon III tête laurée | 1868 | BB | 1 225 954 | Dernière année |
| Cérès, IIIe République | 1878 | A | 30 | Flan bruni, tranche lisse |
| Cérès, IIIe République | 1889 | A | 100 | Flan bruni |
| Cérès, IIIe République | 1895 | A | 213 999 | Plus faible tirage courant de la IIIe République |
| Cérès, IIIe République | 1896 | A | 585 010 | Tirage faible |
| Cérès, IIIe République | 1899 | A | 1 600 000 | Dernière Cérès |
| Coq | 1899 | sans lettre | 698 503 | Première année ; existe sur flan mat |
| Coq | 1900 | sans lettre | 1 570 433 | Existe sur flan mat |
| Coq | 1906 | sans lettre | 3 665 353 | Plus fort tirage du Coq |
| Coq | 1909 | sans lettre | 598 795 | Plus faible tirage du Coq |
| Coq | 1914 | sans lettre | 3 047 863 | Dernière année |
Tirages d'après les tableaux de BDOR pour chaque type ; la liste des types suit le catalogue Le Franc (F.504 à F.509). CoinVarieties donne 32 146 pièces pour 1855 BB, contre 32 188 chez BDOR. Pour le Coq, les années 1902 à 1904 et 1913 n'apparaissent pas dans les tableaux consultés. Les chiffres d'une année à plusieurs variétés couvrent l'ensemble.
Quatre types, comment les distinguer
La Cérès montre une tête de femme couronnée d'épis de blé, la déesse des moissons. Elle apparaît deux fois : en 1850-1851 sous la IIe République, puis de 1878 à 1899 sous la IIIe, avec des tirages beaucoup plus faibles.
Napoléon III tête nue (1854-1860) existe en deux tailles. En 1854 et 1855, le petit module mesure environ 17 mm : il était jugé trop petit et facile à perdre. À partir de 1855, le grand module passe à 19 mm, sans changer de poids, la pièce devenant plus mince. Les deux tailles coexistent donc en 1855.
Napoléon III tête laurée (1862-1868) porte une couronne de laurier dans les cheveux. En 1862, un type de transition, dit hybride, a un « 10 » plus petit au revers que le type définitif.
Le Coq (1899-1914), de Jules-Clément Chaplain, montre Marianne coiffée du bonnet phrygien et un coq au revers. C'est la réduction du 20 francs Coq. Il ne porte pas de lettre d'atelier.
Il n'existe pas de 10 francs or au Génie : ce dessin n'a servi que pour les 20, 50 et 100 francs. Pour mesurer, un pied à coulisse suffit ; le 10 francs fait 19 mm, le 20 francs 21 mm.
Variantes et faux connus
Les variétés tiennent souvent à des détails visibles à la loupe. Le petit module de 1854 existe à tranche lisse, avec un grand ou un petit A, puis à tranche cannelée. La Cérès de 1850 a deux variétés de coiffure, l'oreille dégagée ou couverte. La tête laurée de l'atelier BB existe en petit et grand BB de 1863 à 1866. En 1860, les pièces de Paris diffèrent par la forme du 6 et par le différent. Le Coq de 1899 et 1900 existe sur flan mat, une surface sans brillant voulue à la frappe.
Les pièces sur flan bruni de 1878 (30 exemplaires) et 1889 (100 exemplaires) ont été frappées pour les Expositions universelles de Paris ; on ne les rencontre pas dans les héritages.
Le 10 francs or a été contrefait, surtout dans les types Napoléon III et Coq. Une pièce de 3,22 g se mesure mal à l'œil, d'où l'intérêt d'une balance au centième : un écart de plus de quelques centièmes doit alerter, de même qu'une épaisseur anormale pour un diamètre de 19 mm. Regardez aussi la régularité des cannelures de la tranche et la finesse des cheveux. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille ces contrôles.
Les états de conservation de cette pièce
Sur une pièce de 19 mm, les détails sont petits et s'usent vite. Quelques années de circulation suffisent à faire passer un 10 francs de SUP à TTB.
Sur Napoléon III, regardez d'abord les cheveux au-dessus de l'oreille, puis la barbiche ; sur la tête laurée, les nervures des feuilles de laurier disparaissent en premier. Sur la Cérès, les épis de blé et les mèches sur le front sont les points hauts : en TB, les grains des épis ne se distinguent plus. Sur le Coq, les cheveux de Marianne au-dessus du front et le bord du bonnet s'usent les premiers ; au revers, ce sont les plumes du poitrail et de l'aile du coq.
Les champs, petits, montrent vite les rayures et les chocs, qui pèsent plus qu'ailleurs dans le jugement. Une pièce trouée, montée en bijou puis démontée, ou soudée perd sa prime de collection. Ne nettoyez jamais un 10 francs or : voyez pourquoi ne pas nettoyer une pièce et le guide des états de conservation.
Histoire
Le 10 francs or naît sous la IIe République, en 1850, alors que les 20 et 40 francs existaient depuis 1803. L'or arrive alors en abondance de Californie, et une petite pièce d'or devient utile pour les paiements courants. Le Second Empire en frappe à grande échelle, à Paris et dans l'atelier BB : plus de 60 millions de têtes nues grand module et 31 millions de têtes laurées.
Sous la IIIe République, la Cérès revient de 1878 à 1899 mais en petites quantités : 2,4 millions de pièces en tout. Le Coq de Chaplain la remplace en 1899 et reste frappé jusqu'en 1914. Comme le 20 francs, le 10 francs or cesse de circuler avec la Première Guerre mondiale. Pour situer ces pièces, voyez les monnaies françaises du XIXe siècle et la page des monnaies en or.
Ce que vaut la pièce
Une pièce en or vaut au minimum la valeur de son métal, affichée plus haut au cours du jour. En boutique, le prix proposé se calcule sur la base du cours du jour, moins frais de transaction et marge. Pour une date rare ou un très bel état, une prime peut s'ajouter : elle varie selon la rareté et l'état, et elle est toujours indiquée avant la vente, pour un choix éclairé.
Cette pièce en Alsace
L'atelier de Strasbourg (lettre BB) a frappé le 10 francs Napoléon III de 1855 à 1868. Son 1855 BB, tête nue grand module, est le plus faible tirage de tous les 10 francs or de circulation, avec 32 188 pièces selon BDOR ; le 1858 BB, à 677 326 pièces, est aussi recherché. De 1862 à 1868, l'atelier frappe la tête laurée chaque année, entre 1,2 et 2,8 millions de pièces. Les Cérès et les Coq de la IIIe République ne portent pas la lettre BB : la ville est allemande de 1871 à 1918.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma pièce est un 10 ou un 20 francs ?
La valeur est écrite au revers. Sinon, mesurez : 19 mm et 3,22 g pour le 10 francs, 21 mm et 6,45 g pour le 20 francs.
Existe-t-il un 10 francs or au Génie ?
Non. Les catalogues ne recensent pas de 10 francs or au Génie. Un 10 francs or de la République porte la Cérès (1850-1851 et 1878-1899) ou Marianne et le coq (1899-1914).
Quelles sont les dates rares du 10 francs or ?
En circulation courante : 1855 BB, 1895, 1909, 1850, 1896 et 1858 BB. Les flans brunis de 1878 et 1889, frappés à 30 et 100 exemplaires, sont à part.
Pourquoi dit-on « demi-napoléon » ?
Parce que le 20 francs or est surnommé « napoléon » et que le 10 francs en vaut la moitié, avec la moitié de son or.