20 francs or Napoléon III
Le 20 francs or Napoléon III est le « napoléon » au sens propre. Frappé de 1853 à 1870 à plus de 230 millions d'exemplaires, il revient très souvent dans les successions. Sa valeur tient d'abord à son poids d'or ; quelques dates, quelques variétés et les pièces en très bel état s'en écartent nettement.
- Métal
- Or 900 ‰
- Poids
- 6,45 g
- Or fin
- 5,806 g
- Diamètre
- 21 mm
- Années de frappe
- 1853-1860 (tête nue), 1861-1870 (tête laurée)
- Ateliers
- A (Paris), BB (Strasbourg), D (Lyon, en 1855 seulement)
Reconnaître la pièce
- Avers
- Portrait de Napoléon III à droite, tête nue de 1853 à 1860, tête laurée de 1861 à 1870, signé BARRE sous le cou. Légende : « NAPOLEON III EMPEREUR ».
- Revers
- Tête nue : « 20 FRANCS » et le millésime dans une couronne de deux branches de laurier, légende « EMPIRE FRANÇAIS », lettre d'atelier sous le nœud de la couronne. Tête laurée : écu à l'aigle posé sur un foudre, entouré du collier de la Légion d'honneur, sur un manteau couronné ; « 20 FR » de part et d'autre, légende « EMPIRE FRANÇAIS », lettre d'atelier et date en bas.
- Tranche
- Inscription en relief : « DIEU * PROTEGE * LA * FRANCE ». Quelques pièces sur flan bruni de 1853 à 1855, frappées pour les présentations, ont une tranche lisse.
- Graveur
- Jacques-Jean Barre, graveur général de la Monnaie de Paris jusqu'en 1855, pour la tête nue ; son fils Albert-Désiré Barre, qui lui succède, pour la tête laurée.
| Métal | Or 900 ‰ |
|---|---|
| Poids | 6,45 g |
| Or fin | 5,806 g |
| Diamètre | 21 mm |
| Années de frappe | 1853-1860 (tête nue), 1861-1870 (tête laurée) |
| Ateliers | A (Paris), BB (Strasbourg), D (Lyon, en 1855 seulement) |
| Tirage total | 146 544 669 (tête nue), environ 85,5 millions (tête laurée) |
| Références | F.531 (tête nue), F.532 (tête laurée) |
Les dates à connaître
Le tableau donne les combinaisons année et atelier les plus utiles : les plus gros tirages, qui forment l'essentiel des pièces trouvées, et les plus faibles. Regardez d'abord la lettre d'atelier, puis les petits symboles du revers (les « différents ») : à date égale, ce sont eux qui font la différence.
| Année | Atelier | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1853 | A | 5 729 471 | Première année de la tête nue |
| 1854 | A | 23 485 957 | Plus fort tirage du type |
| 1855 | A | 16 595 397 | Deux combinaisons de différents : tête de chien et main, ou main et ancre |
| 1855 | BB | 1 759 701 | Tête de chien et abeille, ou abeille et ancre ; la tête de chien est la moins courante |
| 1855 | D | 363 017 | Seule année de Lyon, plusieurs variétés de lion ; plus faible tirage du type |
| 1856 | BB | 1 125 030 | Plus faible tirage BB de la tête nue ; variété à la tête de chien recherchée |
| 1857 | A | 19 193 214 | Aucune frappe BB recensée cette année |
| 1858 | BB | 2 016 653 | Chiffre discuté, voir la note |
| 1859 | BB | 5 870 646 | Courante |
| 1860 | A | 10 219 917 | Existe avec le 6 regravé sur un 5 |
| 1860 | BB | 5 726 718 | Existe aussi avec le 6 sur 5 |
| 1861 | A | 2 607 054 | Première année de la tête laurée |
| 1861 | BB | 1 423 199 | Plus faible tirage BB de la tête laurée |
| 1862 | A | 4 825 915 | Existe en « grand A » |
| 1864 | BB | 3 323 192 | Petit BB et grand BB |
| 1865 | A | 2 951 440 | Tirage modeste pour Paris |
| 1866 | BB | 6 978 507 | Une variété à tranche striée, rare |
| 1867 | A | 2 923 024 | Tirage modeste pour Paris |
| 1867 | BB | 4 516 490 | Petit BB et grand BB |
| 1868 | A | 9 281 061 | Plus fort tirage de la tête laurée |
| 1869 | BB | 7 316 553 | Petit BB et grand BB ; chiffre discuté, voir la note |
| 1870 | A | 864 873 | Plus faible tirage de la tête laurée |
| 1870 | BB | 1 852 567 | Dernière année de l'atelier BB pour ce type |
Tirages d'après les tableaux de BDOR et d'Abacor, concordants entre eux ; la liste des variétés suit le catalogue Le Franc (F.531 et F.532). Quand une année existe en plusieurs variétés, le chiffre couvre l'ensemble. Numista donne 1 817 394 pour 1855 BB, et CGB 2 067 740 pour 1858 BB ; CGB attribue aussi 864 873 pièces à une variété de 1869 BB. Les années absentes du tableau ont des tirages intermédiaires.
Lire l'atelier et les différents
La lettre d'atelier se trouve au revers : sous le nœud de la couronne sur la tête nue, en bas à côté de la date sur la tête laurée. A désigne Paris, BB l'atelier alsacien, D Lyon. La grande majorité des pièces vient de Paris, et Lyon n'a frappé ce type qu'en 1855.
Le revers porte aussi deux minuscules symboles, les « différents ». L'un identifie le graveur général, l'autre le directeur de l'atelier. Sur la tête nue, une tête de chien renvoie à Jacques-Jean Barre et une ancre à son fils Albert-Désiré, graveur général à partir de 1855. Une main accompagne les pièces de Paris, une abeille celles de l'atelier BB, un lion celles de Lyon.
L'année 1855 est donc une année de transition : à Paris comme à l'atelier BB, on trouve une combinaison avec la tête de chien et une autre avec l'ancre. La première est la moins courante. Sur la tête laurée, regardez la taille de la lettre : 1862 existe en « grand A », et l'atelier BB a des « petit BB » et « grand BB » en 1864, 1867 et 1869. Une loupe ×10 suffit.
Variantes et faux connus
Les variétés à connaître : la date 1860 dont le 6 est regravé sur un 5, à Paris comme à l'atelier BB ; le 1866 BB à tranche striée, rare ; les pièces sur flan bruni à tranche lisse de 1853 à 1855, faites pour être offertes ou présentées ; enfin les essais de la tête laurée, de 1861, 1862 et 1868, qu'on ne rencontre presque jamais hors des collections.
Deux familles de faux circulent. La première date du Second Empire lui-même : ce sont des pièces en platine, imitant des millésimes des deux types (par exemple 1858 A, 1860 BB, 1865 BB ou 1867 BB). Leur poids peut tromper ; leur teinte grise apparaît là où la surface est usée ou rayée. Elles sont aujourd'hui recherchées pour elles-mêmes, comme témoins de l'époque.
La seconde famille regroupe des faux modernes en or, parfois au bon titre, fabriqués pour profiter de la prime du napoléon. On les repère à un relief mou, à des cheveux peu détaillés, à une tranche aux lettres mal alignées ou à un poids un peu hors norme. Vérifiez toujours trois choses : 6,45 g (une pièce usée perd quelques centièmes), 21 mm, une tranche nette en relief. Le guide pour reconnaître une fausse pièce détaille les autres contrôles.
Les états de conservation de cette pièce
Sur la tête nue, l'usure attaque d'abord les cheveux au-dessus de l'oreille et sur la tempe, puis la pommette et la pointe de la barbiche. En TTB, les mèches restent séparées les unes des autres ; en TB, la chevelure ne forme plus qu'une masse lisse. Au revers, suivez les nervures des feuilles de laurier et le nœud du ruban.
Sur la tête laurée, le premier repère est la couronne de laurier : les nervures des feuilles s'effacent vite, puis les feuilles elles-mêmes se fondent dans les cheveux. Au revers, l'aigle, le foudre et les maillons du collier de la Légion d'honneur sont fins et s'usent avant les plis du manteau.
La plupart des pièces trouvées dans les familles sont en TB ou TTB. Un exemplaire SUP garde l'éclat d'origine dans les champs, autour des lettres. Ne nettoyez jamais une pièce d'or : les micro-rayures du frottement font perdre l'essentiel de la prime. Voyez le guide des états de conservation et pourquoi ne pas nettoyer une pièce.
Histoire
Le nom de « napoléon » vient des 20 francs frappés sous Napoléon Ier, selon le système fixé par la loi du 7 germinal an XI (1803) : 6,45 g d'or à 900 millièmes. Le mot est resté pour toutes les pièces de 20 francs or, quel que soit le régime.
Le Second Empire est proclamé en décembre 1852 et la tête nue de Napoléon III apparaît sur les pièces dès 1853. L'arrivée massive de l'or de Californie et d'Australie explique les tirages : à Paris, chaque année de 1854 à 1859 dépasse 16 millions de pièces. À partir de 1861, le portrait est couronné de laurier et le revers prend les armes impériales, sur un dessin d'Albert-Désiré Barre.
En 1865, la France fonde avec la Belgique, l'Italie et la Suisse l'Union latine : leurs pièces d'or, au même poids et au même titre, circulent alors indifféremment dans ces pays. La frappe du napoléon impérial s'arrête avec la chute de l'Empire après Sedan, en septembre 1870. La IIIe République revient ensuite au 20 francs Génie. Les pièces de Napoléon III circulent jusqu'en 1914, d'où leur usure fréquente (voir les monnaies du XIXe siècle).
Ce que vaut la pièce
Une pièce en or vaut au minimum la valeur de son métal, affichée plus haut au cours du jour. En boutique, le prix proposé se calcule sur la base du cours du jour, moins frais de transaction et marge. Pour une date rare ou un très bel état, une prime peut s'ajouter : elle varie selon la rareté et l'état, et elle est toujours indiquée avant la vente, pour un choix éclairé.
Cette pièce en Alsace
L'atelier de Strasbourg, lettre BB, a frappé une part importante de ces pièces : environ 16,5 millions de têtes nues de 1855 à 1860, et près de 40 millions de têtes laurées de 1861 à 1870, soit presque la moitié de ce second type. Jusqu'en 1860, ses pièces portent l'abeille, différent d'Alfred Renouard de Bussière, alors directeur de l'atelier. Le 20 francs 1870 BB compte parmi les dernières monnaies françaises de l'atelier, avant le siège de la ville à l'été 1870 et l'annexion de 1871. Les 1856 BB et 1861 BB, aux plus faibles tirages de l'atelier pour chaque type, sont les dates locales à regarder de près ; l'histoire de l'atelier est racontée sur la page des monnaies de Strasbourg.
Questions fréquentes
Comment distinguer la tête nue de la tête laurée ?
Regardez le portrait : la tête laurée porte une couronne de feuilles dans les cheveux. Le revers change aussi : couronne de laurier avec « 20 FRANCS » pour la tête nue (1853-1860), écu à l'aigle sur un manteau pour la tête laurée (1861-1870).
Où se trouve la lettre d'atelier sur ma pièce ?
Au revers. Sur la tête nue, sous le nœud qui lie les deux branches de laurier ; sur la tête laurée, en bas, juste à côté de la date. A signifie Paris, BB l'atelier alsacien, D Lyon.
Un 20 francs 1857 BB existe-t-il ?
Les catalogues consultés n'en recensent pas : en 1857, seul Paris a frappé ce type. Une pièce qui porterait cette date et cette lettre mérite un examen attentif.
Mon napoléon vaut-il plus que son poids d'or ?
Pour la plupart des dates en état courant, l'écart reste faible. Il devient net pour 1855 D, les variétés aux différents rares, le 1866 BB à tranche striée et les pièces en état SUP ou mieux. Un numismate peut le dire après avoir vu la pièce, lors d'une estimation gratuite.
20 francs or Génie
Voir la fiche 1850-191410 francs or (Cérès, Napoléon III, Coq)
Voir la fiche 1795-1878Écus de 5 francs
Voir la fiche 1899-191420 francs or Coq Marianne
Voir la fiche- Monnaies françaises
- Monnaies du XIXe siècle
- Le tableau des monnaies d'or
- Les états de conservation
- Les ateliers monétaires
- Faut-il nettoyer une pièce ?
Sources
- BDOR, 20 francs Napoléon III tête nue (tirages par année et atelier)
- BDOR, 20 francs Napoléon III tête laurée (tirages par année et atelier)
- Abacor, 20 francs Napoléon III tête nue
- Abacor, 20 francs Napoléon III lauré
- Le Franc, 20 francs Napoléon III tête nue (F.531)
- Le Franc, 20 francs Napoléon III tête laurée (F.532)
- CGB, 20 francs or Napoléon III tête nue 1858 Strasbourg
- CGB, 20 francs or Napoléon III tête laurée 1869 Strasbourg
- Numista, 20 francs Napoléon III tête nue
- Numista, 20 francs Napoléon III tête laurée
- CoinVarieties, 1855-BB 20 francs
- Wikipédia, Napoléon (pièce de monnaie)