20 marks or de l'Empire allemand
Le 20 marks or est la plus grosse pièce d'or courante de l'Empire allemand, frappée de 1871 à 1915. Chaque État y mettait son souverain ou ses armoiries, au-dessus d'un revers commun à l'aigle impérial. La plupart valent leur poids d'or, mais quelques États et quelques années, frappés à quelques milliers d'exemplaires, sont très recherchés.
- Métal
- Or 900 ‰ (10 % de cuivre)
- Poids
- 7,965 g
- Or fin
- 7,168 g
- Diamètre
- 22,5 mm
- Années de frappe
- 1871 à 1915 (la dernière année, 1915, n'a presque pas circulé)
- Ateliers
- A (Berlin), B (Hanovre, jusqu'en 1878), C (Francfort, jusqu'en 1879), D (Munich), E (Dresde puis Muldenhütten à partir de 1887), F (Stuttgart), G (Karlsruhe), H (Darmstadt, jusqu'en 1882), J (Hambourg)
Reconnaître la pièce
- Avers
- Le côté qui change selon l'État : portrait du souverain avec son titre (par exemple « WILHELM II DEUTSCHER KAISER KÖNIG V. PREUSSEN » pour la Prusse, « OTTO KOENIG V. BAYERN » pour la Bavière), ou armoiries de la ville pour Hambourg, Brême et Lübeck. La lettre d'atelier est placée sous le portrait.
- Revers
- Aigle impérial couronné, l'écu de Prusse sur la poitrine, entouré de « DEUTSCHES REICH », du millésime et de la valeur. Jusqu'en 1873, la valeur est abrégée « 20 M. » ; à partir de 1874, elle est écrite « 20 MARK ». L'aigle est redessiné à deux reprises, le dernier modèle datant de 1890.
- Tranche
- Inscription en relief « GOTT MIT UNS » (Dieu avec nous), séparée par des ornements.
- Graveur
- Le dernier aigle (1890) est dû à Otto Schultz, médailleur à Berlin. Les portraits ont été gravés séparément pour chaque État.
| Métal | Or 900 ‰ (10 % de cuivre) |
|---|---|
| Poids | 7,965 g |
| Or fin | 7,168 g |
| Diamètre | 22,5 mm |
| Années de frappe | 1871 à 1915 (la dernière année, 1915, n'a presque pas circulé) |
| Ateliers | A (Berlin), B (Hanovre, jusqu'en 1878), C (Francfort, jusqu'en 1879), D (Munich), E (Dresde puis Muldenhütten à partir de 1887), F (Stuttgart), G (Karlsruhe), H (Darmstadt, jusqu'en 1882), J (Hambourg) |
| Émetteurs | Une vingtaine d'États allemands et les trois villes libres hanséatiques |
Les dates à connaître
On ne lit pas un 20 marks seulement par sa date : il faut d'abord identifier l'État (portrait ou armoiries), puis la lettre d'atelier. Les Prusse frappés à Berlin (A) sont de loin les plus nombreux. Les petits États, souvent frappés à quelques milliers de pièces, forment l'essentiel des raretés.
| Année | État et souverain | Atelier | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|---|
| 1871-1873 | Prusse, Guillaume Ier | A, B, C | n. c. | Premier aigle, valeur abrégée « 20 M. ». |
| 1872 | Saxe-Cobourg et Gotha, Ernest II | E | 1 000 | Considéré comme le 20 marks le plus rare de l'Empire. |
| 1872 | Saxe-Meiningen, Georges II | n. c. | 3 000 | Très recherché ; tirage donné par une seule source. |
| 1872-1878 | Bavière, Louis II | D | n. c. | Portrait du roi bâtisseur de Neuschwanstein. |
| 1874 | Schaumbourg-Lippe, Adolphe-Georges | B | 3 000 | Rare, quelques exemplaires en qualité épreuve. |
| 1875 | Reuss branche aînée, Henri XXII | B | 1 510 | Parmi les plus faibles tirages de la série. |
| 1875-1913 | Hambourg (armoiries) | J | n. c. | Type sans portrait, fréquent dans les lots. |
| 1888 | Prusse, Frédéric III | A | environ 5 364 000 | Règne de 99 jours ; courant malgré tout. |
| 1888-1913 | Prusse, Guillaume II tête nue | A | n. c. | Le 20 marks le plus fréquent ; nombreuses années. |
| 1895-1913 | Bavière, Othon | D | n. c. | Assez courant. |
| 1896 | Schwarzbourg-Sondershausen, Charles-Gonthier | A | 5 000 | Rare. |
| 1905 | Mecklembourg-Strelitz, Adolphe-Frédéric V | A | 1 000 à 1 160 | Très rare ; les sources divergent sur le tirage. |
| 1912 | Prusse, Guillaume II tête nue | A | 5 569 398 | Date courante. |
| 1913 | Prusse, Guillaume II (tête nue et en uniforme) | A | 6 102 730 | Deux types la même année ; tirage global. |
| 1915 | Prusse, Guillaume II en uniforme | A | environ 1 270 000 | Frappé pendant la guerre, très peu distribué : date rare. |
Tirages d'après les catalogues Jaeger et Krause tels que repris par Numista, CoinVarieties, Künker et des notices de vente ; quand deux sources divergent, la fourchette est indiquée. Le tableau ne liste pas les quelque 200 combinaisons État, année et atelier : il montre les types courants et les raretés les plus connues.
Variantes et faux connus
Le revers donne déjà une première indication de période. Les pièces de 1871 à 1873 portent la valeur abrégée « 20 M. » ; certaines de ces années montrent aussi un petit rameau de chêne sur le revers. À partir de 1874, la valeur est écrite en entier. En 1890, un nouvel aigle, plus massif, remplace le précédent. En Prusse, 1913 est la seule année où coexistent deux portraits de Guillaume II : la tête nue et le buste en uniforme, qui sera seul en 1914 et 1915.
Le 20 marks fait partie des pièces d'or anciennes les plus contrefaites. Les faux les plus grossiers se trahissent au poids et au diamètre : une pièce authentique pèse 7,965 g pour 22,5 mm. Les contrefaçons plus soignées imitent surtout les États rares, dont l'écart avec le cours de l'or justifie la fraude. Trois contrôles simples aident : la lettre d'atelier doit exister pour l'année et l'État (un Hambourg porte J, un Bavière D), la tranche doit montrer « GOTT MIT UNS » nettement frappé, et le relief doit être net, sans aspect granuleux de pièce coulée. Pour une date rare, un examen par un numismate s'impose avant toute conclusion. Le guide reconnaître une fausse pièce détaille ces vérifications.
Les états de conservation de cette pièce
L'or est un métal tendre mais il ne s'oxyde pas : un 20 marks garde son éclat, et l'usure se lit dans le relief. Sur les portraits prussiens, regardez d'abord les mèches de cheveux au-dessus de l'oreille, la moustache de Guillaume II et, sur le type en uniforme, les détails de l'épaulette et des décorations. Ce sont les premiers points à s'aplatir.
Côté revers, l'aigle s'use sur la poitrine : les plumes du plastron et le petit écu central perdent leur dessin, puis les plumes des ailes se fondent. La couronne au-dessus de l'aigle est aussi un bon repère. Une pièce peu circulée garde son brillant de frappe dans le champ, ce lustre qui tourne quand on incline la pièce.
Beaucoup de 20 marks ont été montés en bijou : traces de soudure sur la tranche, anneau retiré, pièce légèrement déformée. D'autres ont été nettoyés à l'abrasif, ce qui laisse des rayures fines et parallèles dans le champ. Ces défauts pèsent plus que l'usure sur l'intérêt d'une pièce de collection. Le guide états de conservation explique l'échelle utilisée, et mieux vaut ne pas nettoyer une pièce avant de la montrer.
Histoire
Après la proclamation de l'Empire en janvier 1871, l'Allemagne unifie sa monnaie. La loi du 4 décembre 1871 crée les pièces d'or impériales de 10 et 20 marks, au titre de 900 millièmes. La loi monétaire du 9 juillet 1873 remplace ensuite les anciennes monnaies d'argent des États (thalers, florins) par le mark adossé à l'or.
Le système est fédéral : l'Empire fixe le métal, le poids et le revers, mais chaque État garde le droit de frapper à l'effigie de son souverain. C'est pourquoi on trouve des 20 marks de Prusse, de Bavière, de Saxe, de Wurtemberg, de Bade, de Hesse, des duchés et principautés, et des villes libres de Hambourg, Brême et Lübeck. Seule la principauté de Lippe n'a émis aucune pièce d'or. Les petits États faisaient frapper leurs pièces dans les ateliers des grands, d'où des lettres B, A ou E sur des pièces de Reuss ou de Saxe-Cobourg.
La frappe de l'or cesse en 1915. Dès août 1914, la convertibilité est suspendue et l'or disparaît de la circulation, la population étant invitée à le remettre à la Reichsbank. Une grande partie des pièces a été fondue au fil du XXe siècle, mais les tirages étaient si élevés que le 20 marks reste aujourd'hui l'une des pièces d'or étrangères les plus fréquentes en France. Pour les autres monnaies de cette époque, voyez la rubrique monnaies étrangères.
Ce que vaut la pièce
Une pièce en or vaut au minimum la valeur de son métal, affichée plus haut au cours du jour. En boutique, le prix proposé se calcule sur la base du cours du jour, moins frais de transaction et marge. Pour une date rare ou un très bel état, une prime peut s'ajouter : elle varie selon la rareté et l'état, et elle est toujours indiquée avant la vente, pour un choix éclairé.
Cette pièce en Alsace
De 1871 à 1918, l'Alsace et la Moselle annexées forment le Reichsland Elsass-Lothringen, territoire d'Empire sans souverain propre. Il n'a donc jamais existé de 20 marks au nom de l'Alsace-Lorraine : les pièces qui y circulaient étaient celles des États, surtout de Prusse (A). L'atelier de Strasbourg, dont la marque était BB, avait cessé de frapper en 1870 et n'a pas été rouvert par l'administration allemande. Ces années d'annexion expliquent que le 20 marks soit l'une des pièces d'or les plus souvent retrouvées dans les successions alsaciennes et mosellanes, à côté des 20 francs Napoléon III d'avant 1870.
Questions fréquentes
Existe-t-il un 20 marks d'Alsace-Lorraine ?
Non. Le Reichsland n'avait pas de souverain ni d'atelier : aucune pièce d'or ne porte son nom. En Alsace circulaient les 20 marks des États allemands, en majorité prussiens.
Mon 20 marks porte la lettre A : qu'est-ce que cela veut dire ?
A désigne l'atelier de Berlin. C'est la lettre la plus fréquente, car Berlin frappait pour la Prusse et pour plusieurs petits États. Identifiez ensuite l'État grâce au portrait ou à la légende de l'avers.
Quelle différence avec un 10 marks or ?
Le 10 marks contient moitié moins d'or : il pèse 3,98 g pour 19,5 mm de diamètre, contre 7,965 g et 22,5 mm pour le 20 marks. Le dessin est très proche.
Comment savoir si mon 20 marks est rare ?
Relevez l'État, l'année et la lettre d'atelier. Un Prusse de Guillaume II ou un Hambourg sont courants ; un petit État comme Reuss, Schwarzbourg ou Saxe-Cobourg peut valoir nettement plus que son métal. Une estimation gratuite permet de trancher.
Souverain et demi-souverain
Voir la fiche 1921-194750 pesos
Voir la fiche depuis 1967Krugerrand
Voir la fiche 1853-187020 francs or Napoléon III
Voir la fiche- Monnaies étrangères
- Le tableau des monnaies d'or
- Les états de conservation
- Les ateliers monétaires
- Faut-il nettoyer une pièce ?
Sources
- Wikipédia (de), Goldmark
- Wikipedia (en), German gold mark
- Numista, 20 Mark Wilhelm II (Prusse)
- gold.de, Die Reichsgoldmünzen des Deutschen Kaiserreiches
- MünzenWoche, la plus rare des pièces d'or de l'Empire (Saxe-Cobourg et Gotha 1872)
- Künker, 20 Mark 1915 A
- CoinVarieties, Prussia 1915-A 20 mark
- CoinVarieties, Reuss 1875-B 20 mark
- CoinVarieties, Schaumburg-Lippe 1874-B 20 mark
- Kettner Edelmetalle, guide des pièces d'or de l'Empire