50 pesos or mexicain « Centenario »
Le 50 pesos, surnommé « Centenario », est une grosse pièce d'or mexicaine créée en 1921 pour le centenaire de l'indépendance. Elle contient 37,5 g d'or fin, plus qu'une once, ce qui en fait l'une des pièces d'or anciennes les plus lourdes que l'on rencontre. La plupart des exemplaires sont des refrappes datées 1947 ; seules quelques dates d'origine et le type de 1943 intéressent vraiment les collectionneurs.
- Métal
- Or 900 ‰ (10 % de cuivre)
- Poids
- 41,666 g
- Or fin
- 37,5 g (1,2057 once)
- Diamètre
- 37 mm
- Épaisseur
- environ 2,8 mm
- Années de frappe
- 1921 à 1931, 1943 à 1947, puis refrappes datées 1947
Reconnaître la pièce
- Avers
- Le côté national : l'aigle mexicain posé sur un cactus et tenant un serpent dans son bec, entre une branche de laurier et une branche de chêne, avec la légende « ESTADOS UNIDOS MEXICANOS ».
- Revers
- La Victoire ailée de la colonne de l'Indépendance de Mexico, tenant une couronne de laurier et des chaînes brisées, devant les volcans Popocatépetl et Iztaccíhuatl. On y lit la valeur « 50 PESOS », le poids d'or « 37.5 Gr. ORO PURO », et deux dates en bas : 1821 à gauche (indépendance) et l'année de frappe à droite.
- Tranche
- Les catalogues divergent : Numista la décrit inscrite « INDEPENDENCIA Y LIBERTAD », le catalogue Krause et NGC la donnent cannelée.
- Graveur
- Emilio del Moral, auteur du dessin et de la gravure.
| Métal | Or 900 ‰ (10 % de cuivre) |
|---|---|
| Poids | 41,666 g |
| Or fin | 37,5 g (1,2057 once) |
| Diamètre | 37 mm |
| Épaisseur | environ 2,8 mm |
| Années de frappe | 1921 à 1931, 1943 à 1947, puis refrappes datées 1947 |
| Atelier | Mexico |
Les dates à connaître
Le tableau donne les tirages par année. Les dates à surveiller sont 1921 et 1931, les plus faibles tirages de la première période, et 1943, seul type sans la mention « 50 PESOS ». Une pièce datée 1947 est presque toujours une refrappe.
| Année | Type | Tirage | Remarque |
|---|---|---|---|
| 1921 | Centenario | 180 000 | Année du centenaire, recherchée. |
| 1922 | Centenario | 463 000 | |
| 1923 | Centenario | 432 000 | |
| 1924 | Centenario | 439 000 | |
| 1925 | Centenario | 716 000 | Tirage le plus élevé de la première période. |
| 1926 | Centenario | 600 000 | |
| 1927 | Centenario | 606 000 | |
| 1928 | Centenario | 538 000 | |
| 1929 | Centenario | 458 000 | |
| 1930 | Centenario | 372 000 | |
| 1931 | Centenario | 137 000 | Plus faible tirage de 1921-1931, recherchée. |
| 1943 | Sans valeur faciale | 89 000 à 89 400 | Type d'une seule année, « 37,5 Gr. ORO PURO » de chaque côté de la Victoire. |
| 1944 | Centenario | 593 000 | Retour de la mention « 50 PESOS ». |
| 1945 | Centenario | 1 012 000 | |
| 1946 | Centenario | 1 588 000 | |
| 1947 | Centenario | 309 000 | Frappe d'origine, difficile à distinguer des refrappes. |
| 1949-1972 | Refrappe datée 1947 | 3 975 654 | La grande majorité des 50 pesos en circulation. |
| 1996 | Refrappe datée 1947 | n. c. | Mentionnée par Wikipédia et NGC, chiffre non recoupé. |
Tirages d'après Wikipédia (anglais et espagnol), qui reprennent les chiffres de la Banque du Mexique, et NGC pour les refrappes 1949-1972. Le tirage du type 1943 varie selon les sources (Greysheet, marchands).
Refrappes, type 1943 et faux connus
Après 1947, la Banque du Mexique a continué de frapper le 50 pesos pour vendre son or, en gardant la date 1947. Près de quatre millions de pièces sortent ainsi entre 1949 et 1972, puis d'autres séries plus tard. Ces refrappes sont officielles et contiennent le même or que les originaux. Rien sur la pièce ne les signale. Certaines ont un champ très brillant, parfois presque miroir, et la plupart ne montrent pas de traces de circulation. Une pièce réellement frappée en 1947 est donc rarement identifiable avec certitude.
Le type de 1943 est à part. Cette année-là, la mention de la valeur a été retirée, le poids d'or « 37,5 Gr. ORO PURO » étant inscrit de part et d'autre de la Victoire. Selon des notices de marchands, l'idée était qu'une pièce contenant bien plus de 50 pesos d'or n'avait pas à afficher cette valeur ; la mention revient dès 1944.
Comme toutes les grosses pièces d'or, le 50 pesos est contrefait. Les faux plaqués se trahissent souvent à l'aimant, l'or n'étant pas magnétique, ou à des dimensions incorrectes. Les copies plus soignées exigent de comparer poids (41,666 g), diamètre (37 mm), épaisseur et finesse du relief, en particulier les plumes des ailes et les volcans. Le guide reconnaître une fausse pièce détaille ces contrôles.
Les états de conservation de cette pièce
Le 50 pesos a relativement peu circulé de main en main, sa valeur étant trop élevée pour les paiements courants. L'usure, quand elle existe, se lit à quelques endroits précis. Sur la Victoire, regardez le visage, la poitrine et le genou, puis les plumes des ailes, qui se fondent en une masse lisse sur une pièce usée. Les chaînes brisées dans la main gauche et la couronne de laurier dans la main droite perdent aussi leurs détails.
Côté aigle, les plumes de la poitrine et de l'aile déployée sont les premiers points hauts. Les épines du cactus et le corps du serpent suivent. La pièce étant grande et lourde, elle marque facilement : chocs sur la tranche, petites entailles dans le champ dues au frottement contre d'autres pièces dans un sac ou une boîte.
Pour une refrappe, l'état compte peu, sa valeur suivant son poids d'or. Pour les dates d'origine comme 1921, 1931 ou 1943, une pièce sans usure et sans chocs se distingue nettement. Évitez tout nettoyage : le brillant d'origine abîmé ne se récupère pas. Voir le guide états de conservation.
Histoire
En 1921, le Mexique sort d'une décennie de révolution et célèbre le centenaire de la fin de la guerre d'indépendance, achevée en 1821. Le gouvernement crée pour l'occasion une pièce d'or de 50 pesos. Le motif reprend la statue de la Victoire qui couronne la colonne de l'Indépendance, inaugurée à Mexico en 1910, d'où le surnom « El Ángel » donné à la statue.
La frappe s'interrompt en 1931, en pleine crise mondiale, et reprend en 1943 face à la demande de pièces d'or. La pièce garde une valeur faciale de 50 pesos au Mexique, mais sa valeur réelle a toujours été celle de son or, bien supérieure. Les refrappes datées 1947 répondent alors à la demande du marché.
Le dessin d'Emilio del Moral a été réutilisé plus tard pour la série Libertad, les pièces d'or et d'argent de la Banque du Mexique. D'autres monnaies d'or d'Amérique et d'ailleurs sont présentées dans la rubrique monnaies d'or.
Ce que vaut la pièce
Une pièce en or vaut au minimum la valeur de son métal, affichée plus haut au cours du jour. En boutique, le prix proposé se calcule sur la base du cours du jour, moins frais de transaction et marge. Pour une date rare ou un très bel état, une prime peut s'ajouter : elle varie selon la rareté et l'état, et elle est toujours indiquée avant la vente, pour un choix éclairé.
Cette pièce en Alsace
Le 50 pesos n'a aucun lien historique avec l'Alsace : il n'a jamais circulé en France comme monnaie. On le rencontre néanmoins dans des successions alsaciennes, comme ailleurs en France, généralement en exemplaires datés 1947. Sa taille et son poids surprennent souvent les héritiers, qui le prennent parfois pour une médaille.
Questions fréquentes
Mon 50 pesos est daté 1947 : est-ce une pièce de 1947 ?
Très probablement non. Près de quatre millions de pièces ont été refrappées entre 1949 et 1972 avec la date 1947, contre 309 000 frappées réellement en 1947. Les deux contiennent le même or.
Pourquoi ma pièce de 1943 n'indique pas « 50 PESOS » ?
C'est le type de 1943, frappé une seule année à environ 89 000 exemplaires : la valeur faciale a été remplacée par le poids d'or inscrit des deux côtés de la Victoire. Il est recherché des collectionneurs.
Le 50 pesos est-il une médaille ou une monnaie ?
C'est une monnaie officielle du Mexique, avec une valeur faciale de 50 pesos. Sa valeur réelle dépasse de très loin cette valeur faciale, car elle contient 37,5 g d'or fin.
Comment vérifier rapidement qu'un 50 pesos n'est pas faux ?
Un aimant, une balance précise et un pied à coulisse écartent les faux grossiers : 41,666 g, 37 mm, aucune attraction magnétique. Un faux soigné peut passer ces tests ; seul un examen par un numismate le confirme.